AVERTISSEMENT AU LECTEUR.

Reflet de la pensée d’un humain, faillible comme nous le sommes tous, ce billet n’a donc aucunement valeur d’universalité. Qu’il inspire ceux qui le souhaitent et écarte ceux qui s’accrochent aux mots comme des singes aux branches, que chacun garde ce qui lui semble utile et laisse de côté ce qui ne lui semble pas : seules les cervelles dogmatiques pensent la vie toute noire ou toute blanche. Si j’enfonce des portes ouvertes en le répétant, c’est parce cette technique est abondamment utilisée par certains journalistes d’information : tout ce qui sort de l’officialité bienpensante est régulièrement ostracisé, décortiqué et vire souvent à l’indignation de comptoir, tandis que des “politiques” aux nombreuses casseroles ou des individus à la moralité plus que douteuse se pavanent parfois dans les média avec complaisance. Selon Reporters Sans Frontières, la France émarge au 32e rang de la liberté de la presse, ce qui a de quoi surprendre, car comment la presse pourrait-elle bien ne pas être libre dans le pays des droits de l’Homme et de la liberté d’expression ? À condition de ne pas diffamer, chacun peut en effet dire ce qu’il veut, preuve en est ce billet par exemple… alors ?

Un seul exemple : suite à la diffusion d’un documentaire sur la multinationale mère de Coca Cola, épinglée à cause de l’implantation d’une usine au Mexique, qui a détourné la nappe phréatique au détriment de la population locale, se retrouvant privée de son accès naturel millénaire à l’eau – entrainant des nourrissons “biberonnés au Coca”, devenu moins cher que l’eau en bouteille – France Télévisions a perdu ce juteux budget publicitaire. Pour une chaine de télévision vivant exclusivement des recettes publicitaires, un tel événement est économiquement fatidique, raison pour laquelle notre presse n’est pas si libre de dire ce qu’elle veut, et que l’émission Cash Investigations n’existe que sur le service public, où Arte ne se gène également pas pour diffuser nombre de documentaires sans concessions… mais les autres ? Si pour vous, à la lecture de tels propos, l’étiquette tarte à la crème de “complotisme” pointe le bout de son nez dans votre esprit, alors mieux vaut cesser la lecture maintenant, et poursuivre votre route, car je ne vais pas mâcher mes mots : c’est un droit fondamental que de pouvoir délivrer son opinion, qu’elle plaise ou non. J’ai travaillé à la télévision et dans la publicité et mon opinion s’est peu à peu forgée sur la base de ce que j’ai vécu, libre à vous d’y adhérer, mais rien de ce que je dirai n’a pas déjà été relayé un jour par la presse “mainstream”; l’exercice intéressant consiste à assembler le tout dans une cohérence, afin de comprendre la direction que prend ou pourrait prendre notre société.

Ce billet est également un peu long : le parcourir en diagonale n’aurait strictement aucun intérêt. En cette heure propice à la réflexion, mieux vaut avoir l’impression de perdre un peu de son temps, plutôt qu’un jour, à force de courir, réaliser que l’on n’a fait que papillonner d’informations en informations, sans prendre vraiment le temps d’une réflexion profonde, ce que j’ai pour ma part eu la chance et le temps de faire. Ce qui ne signifierait pas pour autant que je dirais la Vérité : je dis ma vérité, avec sa part d’erreurs, et dès lors j’attends dans les commentaires des faits qui viendront le cas échéant les corriger, car “jeter le bébé avec l’eau du bain” constituerait également une erreur. Or il y est question d’avenir, du nôtre et de celui de nos enfants ; consacrer une demi-heure à la lecture de la prose d’un père indigné, lassé de voir notre monde dans un tel état de confusion, où la défiance semble régner partout entre les humains, avec les conséquences catastrophiques que cela peut engendrer sur le respect et la confiance, ciment de la cohésion de notre société, vaut qu’on fasse une petite pause, dans cette grande pause de notre système causée par la situation particulière que nous traversons.

J’ai commencé à écrire ce texte à 6 heures du matin – ce vendredi 17 avril – et me suis arrêté le soir vers 19H30, puis autant pour le réviser avant cette publication : si j’ai consacré tant d’heures pour tenter de me faire comprendre au mieux, exercice difficile, m’accorder dix petites minutes me parait un juste remerciement pour le temps passé. Car il serait illusoire de penser que l’on peut se prêter à un tel exercice sur Twitter, où la pensée lyophilisée s’inscrit dans une dangereuse binarité.
Dangereuse, car si l’on n’y prend garde, les débats politiques risquent un jour de se résumer à de simples batailles de tweets, si le processus entamé d’Idiocratisme arrivait à son terme, vivement encouragé par un système économique qui apparaît gangréné par une idéologie totalitaire, celle du profit coûte que coûte et à n’importe quel prix, même celui de la vie.

Ce billet se veut encore réaliste et pragmatique, sans pessimisme paralysant ni angélisme mièvre : la situation est grave, certes, mais absolument pas désespérée, bien au contraire. Et enfin, il n’est pas neutre, cette neutralité contraire à la vie en ce sens qu’elle empêche toute action : cette pseudo illusion d’objectivité dont se pavanent certains, n’est que le paravent d’une croyance qui ne dit pas son nom, qu’elle soit religieuse, politique, économique ou scientifique ; raison pour laquelle celui qui est prisonnier d’un système de croyances, disqualifie de fait celles de l’autre, convaincu d’être le seul détenteur de la Vérité.
Le cadre étant maintenant posé par ce diapason, il est temps pour moi de rentrer dans la danse.

À Paris, le 17 avril 2020 (révisé le 20 avril) par Patrice Pouillard, réalisateur-français-de-documentaires-qui-n’ont-pas-besoin-de-l’appui-des-média-pour-faire-le-tour-du-monde.

Bonjour à tous,
J’espère que vous allez bien en cette période particulière que nous traversons. Comme on aurait pu s’en douter, cette pause mondiale d’un système depuis trop longtemps sous tension, nous pousse collectivement à réfléchir, nous les occidentaux au sommet de notre puissance, les possesseurs et “maîtres” de la force nucléaire, mis à genoux par un virus.
“On a le droit d’être surpris, mais le devoir d’être prêt”
a très justement dit un jour Bonaparte. On en est loin. Ce puissant coup de projecteur sur les failles et les véritables priorités de notre système, sur les dangers de cette course effrénée vers toujours plus de profit, quoi qu’il en coûte, nous fait douloureusement comprendre ce que notre monde pourrait devenir si on n’y prend garde : celui dépeint entre autres dans le film Rollerball, chef d’oeuvre de Norman Jewison – l’original sorti en 1975 – qui n’a cependant jamais autant été d’actualité… vous seriez surpris en le revoyant.
Rien que l’affiche en soi est déjà une oeuvre d’Art…
La question n’est pas de détruire notre système comme le souhaitent certains groupes contestataires extrémistes populaires, tout autant que les “sectes” économiques, politiques ou religieuses, grotesquement convaincues, qui détournent à leur profit le sens de cette profonde maxime alchimique prise, malgré les avertissements contraires de nombreux “hermétistes”, au pied de la lettre :
“Du chaos naît l’ordre”

Cette insatiable course au profit dans tous les domaines coûte très cher à ceux, loin de notre regard, que j’ai pu croiser lors de tous mes voyages, du Pérou à l’Égypte, en passant par l’Inde, le Cambodge… et maintenant la Grèce, pays phare de la pensée antique et qualifiée de “miracle” – mais empruntée sans que jamais ils ne s’en cachent aux Égyptiens – à laquelle nous devons tant : la voir sombrer si bas a été pour moi un véritable choc… entièrement dépecée par des investisseurs rapaces, s’abattant comme des vautours pour faire les “affaires du siècle”, et ce dans la quasi indifférence de nos media, une fois de plus… dès fois qu’on comprenne trop vite le destin qui nous attend, car comme un cancer, ces investisseurs sans morale, ceux dénués d’une once empathie pour le genre humain, ne s’arrêteront que lorsque tout sera mort.

Chaque année voit s’allonger la liste des pays victimes de cette prédation économique, dangereuse pour notre avenir et celui de nos enfants, ainsi que pour ceux de l’Humanité à venir, à laquelle on est supposé rendre la Terre a minima dans le même état qu’on l’a trouvée en arrivant. Loin de moi l’idée de jouer au prophète de mauvaise augure, mais ce n’est pas en continuant ainsi que la situation risque se régler et nous offrir à chacun le bonheur d’une existence digne de ce nom, à cause des agissement de ces “élites” non élues démocratiquement et qui délitent à grands pas, depuis ce sinistre 11 septembre qui nous a tous si profondément choqués… Papa pour la première fois depuis trois semaines, il était hélas trop tard pour lui demander de reculer sa venue. Par leurs agissements inconséquents, les gouvernants qui se sont succédés ont fait l’éclatante démonstration de leur incurie crasse en matière de politique – impuissante ou complice aux mains des marchés – tant ce que nous subissons devient de plus en plus grave à tous points de vue – faites donc la liste depuis cette date de tous les événements que nous avons traversés pour vous apercevoir que nous n’avons pas vraiment eu le temps, ni le choix, de nous ennuyer – et de leur extraordinaire talent à faire main basse sur les acquis et réalisations obtenues grâce à des siècles d’efforts, de durs labeurs et de sacrifices de nos aïeuls, afin de permettre aux générations suivantes de vivre mieux.

Ce système dont on parle souvent, n’appartient à personne : sorte d’entité transcendant l’humain, présente avant notre naissance et, nous l’espérons tous pour nos enfants, après notre mort. Car son effondrement pourrait avoir des conséquences dramatiques que nous ne sommes selon moi collectivement pas prêts à supporter, alors qu’en agissant de l’intérieur, nous pouvons assurément espérer un jour le rendre plus juste et plus équitable.

Lors de mon précédent voyage en Inde, j’ai mis en garde le photographe de l’équipe, qui allait découvrir ce grand pays :

– Attends toi à prendre une claque, Alex.

Le soir du deuxième jour, les yeux embués, il me confiait :

– C’est pas une claque, Patrice, c’est mille par jour…

Une par enfant croisé par son regard, lui, le père de trois petits parisiens, face à ceux-là qui ne bénéficieront jamais des mêmes chances que les siens.

Un petit garçon comme des milliards d’autres, qui pourrait un jour se comporter comme un monstre
s’il ne se résigne pas à la seule condition “d’Inutile” imposée par l’idéologie prédatrice des Marchés.
C’est le poids de l’Occident, si beau, si grand dans son essence et dans son apport à la civilisation, mais qui aux mains de l’argent devient chaque année davantage une machine à broyer le reste du monde. Cet Occident nombriliste, qui lorsque qu’il part en guerre en 1914 avec quelques un de ses voisins, la nomme sans honte “Guerre Mondiale”…
Comment justifier la mort de près de 19 millions de personnes, à cause de l’assassinat d’un couple d’aristocrates par un anarchiste terroriste ?
Sérieusement ?

Pour que cela prenne de telles proportions, il faut déjà être sacrément tendu. On ne va pas se mentir, le commerce de la guerre est le pire de tous, et les sociétés d’armement ne sont pas des entreprises philanthropiques ou des associations d’intérêt public à but non lucratif : ce sont les seules à avoir gagné quelque chose dans cette première guerre, qui a bien planté le décor d’une seconde, tout aussi rentable depuis le point de vue clinique et froid des sociopathes, mais, sens du progrès oblige – ironie déplacée pour contenir les larmes de la tristesse infinie – un cran plus haut dans l’Horreur, depuis le nazisme à la terrifiante démonstration de puissance militaire d’Hiroshima et de Nagasaki.

Toutes les vies n’ont pas le même prix, et je sais de quoi je parle, moi qui y ai perdu un arrière grand-père, mort pour rien le premier jour des combats, laissant derrière lui une femme, deux enfants, dont les vies furent marquées à jamais par le sceau de la tristesse et de l’injustice. Un traumatisme familial qui fait partie de mon histoire personnelle, comme pour beaucoup de mes frères et soeurs humains dans le même cas.

Il n’est en aucune manière question de culpabiliser quiconque au sujet de notre actuelle position du “bon côté” du monde – position de moins en moins évidente tout de même – car ce serait la pire chose à faire : nous sommes bien assez encouragé(e)s à nous culpabiliser comme cela depuis bien trop longtemps, depuis les pouvoirs religieux à ceux de la société de surconsommation, et il convient davantage de nous responsabiliser : en réalité, si nous n’en avons pas pleinement conscience, c’est parce que l’industrie n’écrit pas sur ses étiquettes produit le réel coût des choses. Nous nous laissons manipuler par la publicité dont le but ces dernières décennies a été de créer des désirs puis de les transformer en besoins vitaux dans notre cerveau reptilien, qui a entre autres pour fonction de les satisfaire… des méthodes pouvant être qualifiées de mafieuses ou de trafiquants de drogue, qui peuvent nous rendre dépendant(e)s et complices malgré nous d’un système qui semble avoir perdu toute moralité, au sens naturel du terme. Qu’on me passe cette généralité excessive – il n’est jamais bon ni utile d’en faire – mais grossir le trait permet parfois de mieux comprendre les situations.

Je suis scénariste et face à n’importe quelle situation, j’envisage toutes les hypothèses en totale liberté, à la manière d’un inspecteur de police.
Hypothèse A : tout cela est parfaitement su et organisé, on connait les conséquences d’une telle manipulation sur les consommateurs et alors ce moyen de contrôle est machiavélique. (un exemple avec l’affaire Cambridge Analytica, agence de “communication” derrière l’élection de Trump et du Brexit, trailer sous-titré et extrait qui fait froid dans le dos, mais seulement en anglais).

Hypothèse B : tout cela est l’effet involontaire d’agissements inconscients de personnes mues par le profit aveugle à tout prix, n’ayant pas conscience des effets dévastateurs globaux de telles pratiques sur notre société, ce qui est totalement irresponsable… entre les partisans des deux hypothèses, on pourrait débattre à l’infini, mais ça ne servirait à rien d’autre qu’à perdre son temps et son énergie : peu importe en réalité, on pourrait passer sa vie à se raconter des histoires horribles sur le diable, le plus important c’est de trouver le moyen de lui échapper et pour ça, il suffit simplement d’en prendre conscience, car comme en psychologie, lorsqu’on le sait, on ne se fait plus avoir. Je suis bien conscient de ce que certains pourraient penser our ressentir en lisant ces mots, me voyant comparer les agissements de la société de surconsommation à ceux d’une religion dogmatique : chacun est libre de pousser la réflexion jusqu’où il le souhaite. Notre société est malade et il y a bien des raisons à cela : soit elle est atteinte d’un mal qui la gangrène, soit c’est à cause de la nature de l’humain, ce dont nous allons reparler plus loin.

Dès lors, pris par nos problèmes, comment être sensible à la cause des deux tiers de la population mondiale qui souffre et se désespère, lorsque dans un pays si riche que le nôtre, l’année qui vient de s’écouler a vu beaucoup d’entre nous manifester leur colère et risquer les blessures à cause de leur détresse ?
Tout le monde n’a pas la chance de pouvoir accéder à Saint-Cyr… 
Ces pauvres gens qui ont tenu un an dans les rues chaque week-end, défiant des Storm Troopers anonymes, vêtus de noir ceux-là, contraints par la pression des pouvoirs de mater leurs frères et soeurs dans une ambiance permanente de fin du monde… Des marginaux mus par le seul plaisir de mettre le bazar ? Par volonté de détruire la civilisation ?
Vraiment ?

Il me semble que c’est exactement l’inverse : pour empêcher la déliquescence d’une société qui semble inéluctablement se profiler à grands pas. Pendant ce temps, bien au chaud sous les feux de la rampe, certains “journalistes”, toujours les mêmes – dont la fatuité semble inverserment proportionnelle à leur capacité d’empathie – les insultaient et les diffamaient avec la condescendance de ceux qui savent, mais qui ne font jamais rien, à part déshonorer leur profession et ne surtout jamais mordre la main nourricière des patrons de ces media, désormais – secret de polichinelle – quasiment tous aux mains d’intérêts privés… et ce dans l’indifférence d’un gouvernement qui ressemble davantage au conseil d’administration d’une banque tenue par des Thénardiers en costumes en trois pièces, servant prioritairement leurs intérêts, plutôt qu’à l’action d’”élus” sincèrement mus par l’intérêt général, supposés être au service de notre démocratie et du bien commun. J’ai eu du mal à écrire la fin de cette phrase, aussi lourde que l’indignation est sourde.

Néanmoins, les pavés dans les vitrines, les têtes des politiques au bout de piques ne changeront rien tant qu’on ne se sera pas collectivement réformé de l’intérieur, car même si on ne nous laisse pas notre mot à dire sur les participants au casting, nous avons au final les seuls gouvernants que nous méritons : s’il apparaîssait inadmissible au plus grand nombre qu’on puisse choisir des menteurs, des tricheurs ou des voleurs à des postes clés de notre pays, alors personne ne pourrait plus nous endormir avec de beaux discours destinés à faire vibrer notre fibre émotionnelle, pour mieux systématiquement trahir ensuite les belles promesses de campagne, à tel point que cela ne nous choque même plus. Je ne sais pour quelle raison je pense subitement à la cage ouverte des cochons d’Inde de ma fille, de laquelle elles n’essaient jamais de sortir… on parle bien d’Homo Sapiens, celui qui aurait parcouru la planète entière à pied ?

Nous nous sommes laissé(e)s domestiquer, voilà la seule conclusion rationnelle qui s’impose.

Nous ne sommes ni plus ni moins que le bétail cultivé du premier film “Matrix”

Cherchez bien : quel gouvernement a été à la hauteur de ses engagements ? Si on voulait définitivement nous dégoûter de la démocratie, on ne s’y prendrait pas autrement : que ces êtres éclairés prennent donc conscience des conséquences de leurs actes, car s’ils ne sont pas capable a minima d’un tel exercice, à part nous faire sombrer, ils n’ont strictement rien à faire aux manettes. Raison pour laquelle la politique ne m’intéresse absolument pas : je trouve ses spectacles un peu surfaits, cousus de fil blanc, aussi répétitifs et attendus que ses comédiens jouent de plus en plus faux, la palme revenant à notre Président – non, je ne parle pas du fromage conçu par un ingénieur chimiste. Ils ont eu beau ajouter de l’action dans cette nouvelle saison, l’intrigue est de plus en plus nulle.

Alors qu’une agence de publicité sabrait le champagne avec son client pour se féliciter d’avoir vendu 1 million de hamburgers en une semaine
grâce à des pubs que j’avais réalisées, un chef opérateur m’a pris à part pour me confier avec cynisme
“N’oublie jamais, Patrice, que notre métier consiste à filmer des camemberts sur fond de coucher de soleil”.
Certaines phrases vous font parfois réaliser brutalement ce à quoi vous contribuez…
peu de temps après, je quittais ce monde lucratif pour me consacrer à LA RÉVÉLATION DES PYRAMIDES.

Agir de l’intérieur, en chacun de nous, est la plus belle des révolutions possible et la seule à mon sens qui puisse être pacifique et efficace, en ces temps où tout le monde donne son avis sur tout, où notre pays compte des dizaines de milliers d’experts en à peu près toutes les matières sur les réseaux sociaux. Cette révolution, de la conscience cette fois, va exiger de nous un gros travail personnel, car je suis désolé de vous l’apprendre si vous ne le savez pas, mais personne – Messie, Confédération Intergalactique, Êtres de lumière, Science ou Nature – ne va faire le travail à notre place. Croyants, pesez soigneusement le sens profond de mon propos, car je ne souhaite aucunement vous offusquer : si je respecte les religions et ceux qui ont la foi, j’ai davantage de mal avec les leaders et leurs suiveurs qui ne mettent pas en pratique les enseignements qu’ils prônent, à commencer par “tu ne tueras point”… il n’y a que dans les mauvaises tragédies grecques qu’un Dieu descend du ciel à la fin de la pièce pour régler tous les problèmes, ce qui n’est ni glorieux, ni valorisant pour les protagonistes que nous sommes.

Fruit d’années d’informations négatives et anxiogènes répandus par les grandes messes cathodiques des 20H, avant d’être rejointes en grande pompe par les chaines d’informations continues, où les pires nouvelles nous sont livrées le plus naturellement du monde, avec une neutralité inquiétante qu’on espère pour eux n’être que de façade… Si j’ai conscience du portrait au vitriol que je dresse de notre société, la faute en revient à ses aspects sombres.

Fort heureusement, loin de cette propagande anxiogène, des dizaines de milliers de projets positifs et d’expériences concrètes sont actuellement en cours sur la planète, et réunissent chaque jour davantage de gens, bien décidés à prendre eux-mêmes en main leur avenir, proposant et amenant des solutions déjà testées depuis des décennies ou redécouvertes, en harmonie avec la vie, et qui ont le potentiel de créer le monde de demain, celui que nous espérons tous, le seul viable pour une humanité pérenne et durable, où il fera bon vivre pour chacun de nous.

Nul doute, mode oblige, qu’on risque davantage de s’intéresser au messager qu’à son message. Je me dois donc d’anticiper une question qui risque inévitablement de se poser : “Mais d’où sort ce type ?”. De vous à moi, de nulle part et c’est parfois ce qui dérange le plus. Un petit homme avec un nom d’oiseau, qui se serait volontiers contenté de laisser parler ses films à sa place.
“Lorsque le sage désigne la lune, l’imbécile regarde le doigt”

Je ne suis pas davantage un sage que celui qui enquêterait sur ma personne serait un imbécile, mais l’image permet de mieux comprendre ce triste travers de notre époque, dont beaucoup de ceux qui osent sortir des sentiers battus de l’officialité bienpensante font les frais. Si ceci devait se produire, cela ne serait qu’une éclatante confirmation de la véracité de la situation que je décris.

Je n’imaginais pas ainsi ma carrière particulière de réalisateur anonyme, avant de croiser la route de ce sujet d’étude du passé sous un angle différent qui passionne les ingénieurs, techniciens et gens des métiers nobles de la taille de pierre. Mon parcours chaotique est jonché d’embûches, de dangereux manipulateurs et de chausse-trappes, qui m’ont valu trois ans et demi de procès fleuve au TGI pour me voir totalement dépossédé des fruits du colossal investissement de mon premier film, ainsi que d’incessantes campagnes de calomnie émanant d’individus tristes ne me connaissant pas davantage que mon parcours, probablement effrayés par l’énorme coup de pied dans la fourmilière d’une Histoire, qui si elle s’avérait aussi solide qu’elle le prétend, n’aurait rien à redouter de ce travail et répondrait sur le terrain de la raison.

Alors qu’apercevant le génie humain à l’oeuvre derrière les si majestueuses réalisations de sites anciens célèbres de notre passé, salies par des hypothèses, si honteusement peu crédibles pour les gens des métiers de la construction et de la taille de pierre cités plus avant, mais tant martelées jusqu’à écoeurement depuis les classes primaires, qu’il n’est pas absolument pas évident de donner son avis sans se faire attaquer par une horde aux abois – qui est à la science ce que Daesh est à l’Islam – et dont on peine à comprendre les motivations contradictoires qui l’anime et surtout la violence de sa réaction. Taxé de pseudo-archéologue par le très consensuel Wikipédia, demandez donc à Google ce qu’on peut dire de moi et reparlons-en tranquillement autour d’un bon jus de fruit fraichement pressé !

Si je le relève et j’en parle, cela ne m’affecte plus, car ce sujet a profondément changé mon regard sur le monde et sur notre société : celui que je tente avec abnégation de transmettre par mon travail, ce regard simple et pragmatique de nos anciens, dont je souhaitais également parler plus en profondeur lors d’une tournée de conférences qui aurait du actuellement se tenir – reportée à une période plus propice à cause de la situation que nous traversons – qui motive très certainement l’impérieux besoin de m’exprimer, même si je devais être le seul à me lire.

Rien que ces majestueuses et énigmatiques réalisations de notre passé lointain, comme toute architecture, en disent long sur la personnalité et la philosophie de leurs géniaux auteurs, renvoyant notre actuelle civilisation à sa vanité : que produit-elle de grand et de beau, qui pourra un jour faire dire à nos descendants, si toutefois on n’a pas mis le feu à la maison :

“Ces humains du 21 siècle étaient extraordinaires !”

Je ne sais pas pourquoi, mais quelque chose me dit que nos descendants n’auront pas exactement ces mots en ayant à gérer ne seraient-ce que les effets de nos poubelles de déchets toxiques et nucléaires – en pleine pandémie, un feu se rapprochait d’ailleurs dangereusement de Tchernobyl à l’heure où j’écrivais ce billet, avant de le réviser ce jour. Ils auront probablement la lourde et difficile charge de tenter de rétablir l’équilibre d’une nature multi millionnaire – en années – que l’on parait s’acharner à rompre de toutes nos forces dans une posture suicidaire, le plus rapidement et le plus brutalement possible.

Si je vais ramener brièvement au sujet traité par mes films, c’est justement parce que c’est leur étude qui m’a conduit au cours des années à prendre du recul sur notre société, et d’en apercevoir ainsi les frontières et limites de ce qu’elle s’autorise à penser… ce qui se dérobe à l’oeil de l’esprit, comme diraient les anciens, lorsque l’on se trouve embarqué dans le tunnel de la sursaturation des informations, provenant aussi bien des réseaux sociaux que des média d’information. Autant que l’utilité des grand-parents dans l’éducation de nos enfants, le passé de l’Humanité imprime la direction de notre avenir, surtout si l’on venait à admettre que nous aurions été précédé par une civilisation qui n’aurait pas fait les mêmes choix que nous, qu’ils soient politiques, expansionnistes, énergétiques et surtout philosophiques.

Ironie du sort, une des applications pratiques des géopolymères – technique qui consiste à polymériser des gravats de calcaire pour en refaire des blocs, indécelables aux techniques simples d’identification des roches – pourrait justement être de réaliser des coffrages bien plus durables que nos bétons modernes, afin d’emprisonner ces dangereux déchets toxiquement durables, eux, ce qui aurait a minima du soigneusement être pensé et réfléchi en amont de l’utilisation sauvage de cette énergie nucléaire. Mais force est de constater que le principe de précaution est facilement dissout par la quête sans conscience du profit. Où quand l’imagination humaine fertile, caractérisant notre espèce, tente de résoudre les énigmes techniques posées par la présence de certaines constructions massives sur le sol de notre planète, pourrait mener à des solutions profitables pour un avenir meilleur…

Pour parenthèse, cette technique des géopolymères a été mise au point par le Professeur Joseph Davidovits, accusé publiquement de souffrir de “troubles mentaux” par Jean-Pierre Adam, pour ne pas le nommer, archéologue au CNRS. Dans ce jeu de bataille archéologique, qu’il pratique depuis près de 40 ans avec tous ceux qui ne pensent pas comme lui, j’ai eu la chance de piocher la plus belle des cartes, l’équivalent du joker : fait secrètement la promotion de la race supérieure des nazis dans ses films. Des Nazis, un archéologue, oh mon Dieu, je me suis malgré moi retrouvé dans “Indiana Jones et les Aventuriers de l’Arche Perdue” !!! Mieux vaut en rire tant l’accusation est grotesque et indigne de la démarche scientifique véritable.

Il ne fait pas bon marcher sur les plates-bandes de l’archéologie ou de l’égyptologie et ce n’est pas, hélas, le seul exemple : demandez donc au courageux ethnominéralogiste, préhistorien, sémioplasticien et géologue au Musée de l’Homme Érik Gonthier de vous en parler. Alors que le Pr Davidovits a seulement tenté de trouver une explication rationnelle à l’assemblage précis de blocs aux formes complexes de plusieurs dizaines, voire centaines de tonnes, qu’on voit sur le site de Gizeh, comme ici par exemple :

Mur d’enceinte du Temple de la Vallée sur le site de Gizeh. Ces blocs gigantesques, dépourvus d’angles droits,
mais dont les faces se répondent avec précision, pèsent de 200 à 400 tonnes environ.
Ils auraient été positionnés à l’aide de palans de bois et de cordes,
ce qui laisse perplexe les professionnels du levage de lourdes charges.

Analyses qu’il n’a pu faire de manière académique, vu qu’on ne lui a jamais accordé les autorisations lui permettant de prélever aux endroits où l’on est en droit de suspecter du géopolymère – il n’y en aurait pas partout, ce qui déroute – car ceux qui détiennent les clés du temple ne laissent rentrer que les fidèles. La raison pour laquelle j’aborde également cet aspect de mon travail, est que ce complexe du technocrate, quand il ne s’agit pas d’idéologie, se retrouve ailleurs, véritable virus de la pensée qui gangrène toutes les couches de notre société…

L’esprit “académicard”, tel que baptisé par Idriss Aberkane, qui en prend copieusement pour son grade lui aussi : face à sa très concrète “économie de la connaissance”, des voix s’élèvent pour l’accuser de mensonge sur ses doctorats et le salir sur Internet – l’idiot et la lune, une fois de plus – ce qui pourrit littéralement la science en calcifiant les cervelles, qui ne savent plus réfléchir “en dehors de la boîte”, ce qui justement permet les avancées de la science.

À tel point que le géopolymère serait donc le reflet d’un trouble mental, tandis que le transport de blocs de plus de 1000 tonnes à Baalbek au Liban, sur une pente montante avec des grosses cordes, trois poulies et quelques poignées d’hommes dévoués en mini-jupes – le pyramidiot que je serais peut parfois se permettre de taquiner – serait l’Explication censée clore tout débat. “Chacun voit midi à sa porte”, disait ma grand-mère avec raison.

Image extraite d’un documentaire dans lequel Jean-Pierre Adam présente l’hypothèse
censée clore définitivement tout débat au sujet du transport de plusieurs blocs d’environ 1500 tonnes,
dont l’un d’eux a été abandonné sur le chemin, comme le montre la photo ci-dessous.
La pratique : le monolithe de la “Femme Enceinte” à Baalbek au Liban,
estimé à plus de 1000 tonnes, gisant en contrebas du site.
Et pourtant, ces chefs-d’oeuvre nous enseignent, lorsqu’on prend la peine de les considérer avec humilité. Ces chefs-d’oeuvres qu’on n’a pas même jugé utile de reproduire, car on n’en voit absolument pas l’utilité. Mais quel grands projets l’Humanité développe-t-elle ? On a quasi abandonné les programmes spatiaux – pourtant moyen d’unifier les peuples par le haut – qui semblent désormais s’orienter vers des sortes de tour operator pour milliardaires, et l’on préfère bâtir de grands stades pour les J.O. – plutôt que des hôpitaux – ou dépenser des milliards pour envoyer des satellites en orbite pour la 5G – restons dans les sujets brûlants, et autoriser l’installation des antennes en pleine pandémie, on voit les priorités du gouvernement – satellites qui perturbent les observations des astronomes et risquent même de compromettre la sortie de fusées dans l’espace dans notre futur (merci mon fils pour ces infos). Rien de grave, rassurez-vous, quand nos descendants en auront terminé avec les dechets toxiques et nucléaires enfouis sous terre, puis nettoyé le fond des océans, ils iront également passer un coup de serpillière dans l’atmosphère.
Heureusement que la Terre n’est pas creuse, on sait de quoi elle serait remplie.

L’étonnant paradoxe archéologique est que l’on explique ces extraordinaires prouesses de notre passé, véritables miracles, par des ouvriers crédules, convaincus de travailler pour l’incarnation vivante de dieux que seraient leurs rois, à notre époque où croire en quelque chose qui nous dépasserait, quoi que puisse être cette chose – la Nature, le Tout, l’Énergie, la Conscience Cosmique, le Grand Architecte de l’Univers, la Licorne Rose, etc. chacun est libre d’y mettre ce qu’il veut – fait de vous un crédule angoissé qui cherche à se rassurer : vu que personne n’a jamais réussi à démontrer l’existence ou la non-existence d’un ou des dieux, force est de constater que nous y avons sacrément perdu au change, car on ne voit même plus l’intérêt, dans notre monde façon Idiocracy – à voir d’URGENCE si vous ne l’avez pas vu – de faire de grandes et belles choses, qui inspirent et nous rendent fier(e)s d’être humain(e)s… c’est cela qui nous fait le plus défaut : l’Humanité a perdu l’estime d’elle-même et nul besoin d’être psychologue pour savoir que c’est le début d’une dépression.

C’est probablement ainsi que 3,5 milliards d’années après l’énigmatique apparition de la vie sur Terre, quand plus rien n’a de sens, que l’on arrive à ce genre de spectacle :

Environ 3,5 milliards d’années depuis la première amibe
à la Grande Messe commerciale du Black Friday

Les priorités ne sont plus les mêmes et la recherche d’excellence si chère à nos tailleurs de pierre du passé ne trouve quasiment sa place aujourd’hui plus que dans l’industrie du luxe, où l’artisanat populaire n’est plus réservée qu’à une minorité aisée.

Nous glissons lentement mais sûrement vers la “planète supermarché”, horrible dictature économique de Rollerball cité en début de ce billet, où l’Histoire a été effacée, où un sport ultra violent sert à démontrer la vanité de l’initiative individuelle, où l’amour a été banni tout autant que les guerres qui rapportaient tant, mais qui n’ont à cette époque plus aucune utilité, puisque la logique a été poussée à son paroxysme.

Je préfère de loin mourir, qu’une vie de bétail greffé d’oreillettes Bluetooth.

Comme beaucoup d’entre nous, je me pose en cette période auprès des miens et je réfléchis, ce qui m’a donné envie de partager avec vous ce billet un peu particulier… J’ai le sentiment qu’il faut “se hâter lentement”, comme le préconisaient les anciens, qu’il est urgent de freiner, car accélérer ainsi à fond pied au plancher droit dans le mur, lorsqu’il n’y a plus personne au volant, n’est probablement pas la meilleure des choses à faire pour espérer des jours meilleurs.

J’ai également eu envie de vous parler de l’utilité selon moi d’investiguer notre passé et d’oser remettre ce que nous savons de l’Histoire en question, que ce soit pour mieux conforter ce que l’on sait déjà à cause de l’erreur dans laquelle il se trouverait, ou alors pour guérir une amnésie civilisationnelle et enfin comprendre comment nous avons pu à ce point nous tromper. Dans ce moment confus et particulier que nous traversons, très propice à l’introspection, mon dernier film résonne différemment auprès du public, car il perçoit la philosophie profonde qui le sous-tend, par l’exposition de laquelle je vais terminer, en vous remerciant pour votre effort de m’avoir lu jusqu’ici.

Ainsi, avec du recul, je me suis aperçu que je n’étais pas arrivé par hasard à ce sujet, qui est naturellement venu s’inscrire dans une quête de réponse, initiée par la simple question d’un petit garçon… une question bête à laquelle les adultes peinent à trouver une réponse digne de ce nom.

La barbe a remplacé les cheveux, mais l’âme d’enfant prompt à s’émerveiller est
grâce à l’éducation de mes parents, restée intacte
“POURQUOI LES ADULTES SE FONT LA GUERRE
ALORS QU’ON GRONDE LES ENFANTS QUAND ILS SE TAPENT ?”

Ou autrement formulée, pourquoi ne vit-on pas encore en paix sur Terre ?

La raison pour laquelle la paix ne règne pas encore est parce que la plupart des humains ne croit plus en cette possibilité. Cette terrible pensée nous habite depuis si longtemps que nous avons fini par accepter l’inacceptable : perdre nos vies à les gagner, en courant dans un monde à pleine vitesse où la situation mondiale ne cesse de s’aggraver, malmenée par un système économique prédateur, bien plus dangereux qu’un virus, qui repose en majorité sur l’industrie de la guerre et l’exploitation d’énergies fossiles.

Tandis qu’Homos Sapiens existe depuis au moins 300 000 ans, l’Humanité se souvient péniblement de quelques millénaires, dans laquelle elle n’a cessé de se faire la guerre.

La peur nous aurait poussé à nous associer, et non l’amour, qui pour certains intellectuels aujourd’hui, ne serait même plus qu’un banal phénomène biochimique.

L’Histoire nous apprend ainsi que cette peur serait le seul moteur, depuis les tribus de chasseurs cueilleurs du Néolithique jusqu’aux mégalopoles modernes, la guerre intrinsèquement liée à la civilisation apparaissant dès lors comme une sorte de « mal nécessaire », car nous serions « trop nombreux », ou comme le dit froidement cet adage économique, parce que « rien de tel qu’une bonne guerre pour relancer l’économie ».

La désastreuse pratique des grandes religions nous a fait perdre le sens du sacré : Gaïa, la déesse mère des peuples qui vivaient en harmonie avec elle a été éclipsée par Dieu le père, le contrôle a remplacé l’amour et la foi s’est crispée en croyance.

Notre Histoire est en fait celle du film Avatar, mais avec une fin différente.

C’est sur ces bribes de mémoire guerrière que notre Humanité amnésique s’est construite, à tel point que cette idéologie dirige aujourd’hui notre économie mondiale, justifiant toutes sortes d’actes abjects – mais extraordinairement rentables – tout en nous laissant la désagréable impression qu’il en a toujours été ainsi et que rien ne changera donc jamais, car l’Humain serait un sauvage égoïste en costume trois pièces.

« L’Homme est un loup pour l’Homme » a dit Hobbes, prophète des économistes modernes qui ont perfidement détourné cette idée à leur profit. Pour Rousseau en revanche, la société pervertirait un humain foncièrement bon : c’est la thèse angélique du « bon sauvage ».

Par delà ces deux visions extrêmes, la nature, incarnation de la déesse mère de nos anciens, nous montre pourtant une troisième voie, où compétition et coopération trouvent harmonieusement leur place, où amour et beauté ne sont pas des marchandises, où excellence est le maître mot de l’accomplissement individuel et la condition sine qua non du bonheur planétaire ; c’est la seule manifestation utile de l’intelligence d’une espèce.

C’est de cette voie dont témoignent ces Bâtisseurs de l’Ancien Monde – titre de mon dernier film aussi connu sous le nom de BAM, comme une claque aux certitudes de la bienpensance – à travers leurs oeuvres, belles, majestueuses et durables, incomprises par notre civilisation de créateurs de tours de bureaux, de parkings souterrains et de centres commerciaux.

En ces temps troubles, il m’apparaît urgent et nécessaire de nous réveiller et de recouvrer la mémoire, afin de découvrir les grandes choses dont nous sommes capables, et qu’un autre choix est possible : voici la philosophie profonde de BAM et la raison pour laquelle, maintenant plus que jamais, mieux comprendre notre passé nous aidera à mieux penser notre avenir.

Fenêtre ouverte vers l’âme selon les anciens, l’oeil ne triche pas.

Vu l’essor actuel autour de BAM, qui va sortir dans les prochaines semaines dans plus de 60 pays, je ne doute pas que vous allez en entendre parler autour de vous dans les jours ou semaines à venir, peut-être même par une personne que vous n’auriez jamais imaginée s’intéresser à un tel sujet.

C’est bon signe, cela signifie que les temps changent et que l’humain sort de sa “confortable” torpeur.

Notre avenir est ouvert aux possibles : tout dépendra du choix que chacun de nous fera, en son âme et conscience, entre intérêt personnel et intérêt général, entre peur et amour, comme le susurre mon âme de poète. Intérêt général ne se résume en aucun cas à une idéologie comme celle du communisme : m’en remettant à votre discernement ainsi qu’à votre capacité de réflexion, je pense que vous saurez faire la part des choses et comprendrez l’utilité de la nuance et de la mesure. Lorsque nous serons prêts, les solutions, déjà prêtes elles, se mettront en place d’elles-mêmes, car comme l’a si bien dit Victor Hugo :

“Rien n’arrête une idée dont l’heure est venue”

Et tout semble indiquer qu’il est l’heure.

Nous avons le pouvoir de décider pour nous-même et c’est ça le plus beau : et si on créait maintenant ce monde tant promis, mais pas encore mis en place ?

Prenez soin de vous.

Humainement vôtre,
Patrice