AHU VINAPU, RAPA NUI, ÎLE DE PÂQUES


Le plus ancien ahu de l’üle, mais Ă©galement le plus rĂ©sistant de tous.


L’ahu Vinapu est assurĂ©ment le plus beau, le plus massif et le plus prĂ©cisĂ©ment assemblĂ© de l’üle de Rapa Nui.
ComposĂ© de blocs massifs, il dĂ©note des autres. Il est selon l’archĂ©ologie et selon la mĂ©moire du peuple Rapa Nui le plus ancien de l’üle, bien que j’ai rĂ©cemment entendu dire que l’on affirmait qu’il Ă©tait au contraire le plus rĂ©cent et d’influence pĂ©ruvienne.
Les questions que je me pose sont simples. Par exemple : parce qu’il est le plus ancien de l’üle, alors il pose problĂšme car en tant que vĂ©tĂ©ran, toujours en place, il dĂ©montre que son bĂąti est le plus rĂ©sistant et donc le plus sĂ»r, soit, en quelque sorte, la meilleure publicitĂ© pour cette technique.

FidĂšles Ă  cette idĂ©e de progrĂšs permanent de l’Homo sapiens, l’on s’attendrait donc Ă  ce que les ahu suivants soient identiques, voire mĂȘme meilleurs
 or le problĂšme, c’est justement qu’ils ne seront ni aussi massifs, ni mĂȘme aussi prĂ©cis dans leurs assemblages, au point de finir tous par s’effondrer
 exception faite de l’ahu Vinapu !
De gauche Ă  droite, les ahu d’Akivi, de Tongariki, et de Nau Nau, dans la baie d’Anakena, n’ont rien Ă  voir avec l’ahu Vinapu. L’ahu Akivi, le seul tournĂ© en direction de la mer.
Parmi tous les bĂątisseurs Rapa Nui qui se sont succĂ©dĂ©s, doit-on croire qu’aucun n’aurait remarquĂ© que la seule technique valable Ă©tait celle de l’ahu Vinapu ?
DĂšs lors, pourquoi ne pas avoir reproduit cette technique pour les suivants ?
Cela n’a pas de sens.

Alors soit le secret de cette fabrication est un cas unique rapidement perdu ; soit, sans vouloir offusquer personne et encore moins le peuple Rapa Nui, il n’a rien à voir avec la construction de l’ahu Vinapu.
VINAPU
Il existe une trĂšs forte parentĂ© de style entre l’ahu Vinapu et les murs attribuĂ©s aux Incas, au PĂ©rou. D’autant plus que les analyses gĂ©nĂ©tiques des poules sur l’üle, effectuĂ©es Ă  la demande d’archĂ©ologues, dĂ©montrent qu’il y a eu contact entre ces peuples – par un mĂ©tissage des poules – sans que l’on sache exactement dans quel sens.
Ce type d’assemblage peut apparaĂźtre simple au premier abord. L’archĂ©ologie justifie ces assemblages de blocs polygonaux – plus ou moins angulaires – par le fait que l’on retaillerait le moins possible les blocs Ă  la sortie de la carriĂšre.
J’aborde ce sujet avec Jean-Louis Boistel, un tailleur de pierre “à l’ancienne” dans l’ interview donnĂ©e dans le cadre de BAM.

(extraits tirés du livre BAM)