GÉOGLYPHES DE NAZCA, PÉROU


D’immenses dessins et lignes sur des kilomĂštres carrĂ©s de dĂ©sert.

Sur ce plateau dĂ©sertique du sud du PĂ©rou, d’immenses lignes et dessins d’animaux, appelĂ©s gĂ©oglyphes, soit de grands dessins, ou grands motifs tracĂ©s Ă  mĂȘme le sol, et inscrits par le peuple Nazca, dont les premiĂšres traces remonteraient Ă  environ 2.300 ans. ExceptĂ© quelques reprĂ©sentations stylisĂ©es d’animaux, gigantesques – de 50 mĂštres Ă  prĂšs de 300 mĂštres d’envergure – l’on aperçoit surtout des lignes droites dont certaines font plusieurs kilomĂštres de long et le tout s’étale sur des milliers de kilomĂštres carrĂ©s.

Ces figures sont communĂ©ment appelĂ©s « les pistes de Nazca » et certains n’ont mĂȘme pas hĂ©sitĂ© Ă  affirmer dans le passĂ© qu’il s’agirait de « pistes d’atterrissage pour vaisseaux extraterrestres »  Mais comment imaginer sĂ©rieusement qu’un peuple capable de traverser l’univers puisse avoir besoin d’une piste d’atterrissage tracĂ©e sur le sol pour se poser comme un avion bien de chez nous ? Cette hypothĂšse, ne reposant sur rien d’autres que sur les suppositions d’un « auteur alternatif » est souvent mise en avant pour se moquer de la recherche alternative en gĂ©nĂ©ral (cf INA : « Explorateurs des secrets de l’univers ou bricoleurs de l’impossible », dĂ©bat tĂ©lĂ©visĂ© de 1974 prĂ©sentĂ© par Bernard Pivot).

Cette hypothĂšse de « pistes d’atterrissage pour vaisseaux extraterrestres » apparaĂźt selon moi aussi stupide que l’hypothĂšse de motifs Ă  destination de dieux, afin de leur demander de l’eau, rare dans la rĂ©gion, car ce serait vraiment prendre les anciens pour des imbĂ©ciles, en considĂ©rant qu’un peuple puisse ĂȘtre capable de venir s’installer dans une rĂ©gion dĂ©sertique pour ensuite passer l’essentiel de son temps Ă  tracer des motifs et lignes gigantesques pour faire venir la pluie ! À cette Ă©poque, on avait probablement mieux faire pour occuper son temps qu’à le perdre dans une rĂ©gion aride extrĂȘmophile oĂč rien ne pousse. (
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Bien que ces figures soient immenses, leur rĂ©alisation, difficile parce que demandant un certain recul par rapport au sol, est loin d’ĂȘtre impossible, preuve est faite. Certains chercheurs ont montrĂ© qu’il n’était pas nĂ©cessaire de disposer d’un avion ou d’une technologie particuliĂšre pour les exĂ©cuter : un motif dessinĂ© dans une grille, ensuite croquĂ© au sol de maniĂšre considĂ©rablement agrandie permet de faire apparaĂźtre les contours d’une figure gigantesque, ceci s’appliquant principalement aux figures animales plutĂŽt qu’aux triangles, trapĂšzes et autres polygones bien plus spectaculaires. Mais cela ne nous explique pas le pourquoi.

Il est intĂ©ressant de remarquer que les figures zoomorphes reprĂ©sentĂ©es, tel le singe, sont des espĂšces animales qui ne se rencontrent pas dans cette zone gĂ©ographique, mais plutĂŽt trĂšs loin de cette partie du monde, en pleine forĂȘt tropicale humide, oĂč eau et vĂ©gĂ©tation ne manquent pas, ce qui signifie que les auteurs de ces tracĂ©s connaissaient au moins ces formes animales et donc nĂ©cessairement d’autres endroits du PĂ©rou. Cela exclut de fait que ce peuple se serait obstinĂ© Ă  demeurer dans cet endroit dĂ©sertique en suppliant dĂ©sespĂ©rĂ©ment les dieux de lui fournir de l’eau, car n’ayant pas eu connaissance de rĂ©gions plus clĂ©mentes.

Une des raisons pour lesquelles j’ai souhaitĂ© Ă©voquer ce site est qu’il existe un dĂ©calage flagrant entre les figures animales, reprĂ©sentations de choses concrĂštes, et ces immenses motifs gĂ©omĂ©triques abstraits. MĂȘme contraste qu’avec les blocs de pierre sculptĂ©s aux motifs en « H » de Puma Punku (ces blocs si particuliers dont parle Ă©galement Graham Hancock) et leur aspect graphique synthĂ©tique de conception toute « moderne ». À Nazca, les deux styles de motifs, curieusement, se recouvrent par endroits, comme s’il y avait deux Ă©poques et deux pensĂ©es diffĂ©rentes.
Pour l’anecdote, lorsque je suis allĂ© les filmer pour la premiĂšre fois en 2008, l’ingĂ©nieur du son est ressorti blĂȘme du petit Cesna brinquebalant dans lequel il avait survolĂ© les gĂ©oglyphes. Je pensais que c’était du Ă  l’état parfois plus que limite des avions (5 français ont trouvĂ© la mort dans le crash d’un de ces appareils la semaine qui a suivi notre tournage), mais en fait, l’impression qui se dĂ©gage de la dĂ©couverte de ces motifs gigantesques est assez indescriptible : une des lignes s’étendrait sur prĂšs de 30 kilomĂštres ! GrĂące Ă  un internaute (qui s’est servi de Google Earth), on a d’ailleurs trouvĂ© un gĂ©oglyphe Ă  plus de 80 kilomĂštres de Nazca, que vous verrez sur la photo en dessous
 il y d’autres sites et beaucoup d’autres gĂ©oglyphes rĂ©partis sur une zone immensĂ©ment grande.

(extraits tirés du livre BAM)